Des communautés d'irrigants aux associations d'usagers de l'eau. Un modèle mondial face aux différentes configurations socio -territoriales

Résumé : Les pays où il existe des systèmes traditionnels d'irrigation se sont vus imposés dans le contexte de transfert de gestion et de rareté de l'eau, des directives de constitution d'associations qui ne s'appuient pas sur les organisations traditionnelles existantes. Dans les quelques cas que nous avons observés, les associations d'irrigants -par exemple les AUEA dans les Ait Bougmez au Maroc -ne sont pas reconnues par les agriculteurs eux-mêmes. Elles servent essentiellement à la réhabilitation et réorganisation physique du réseau. La résolution des conflits sur la ressource et les décisions sur le partage de l'eau en cas de rareté restent localement du ressort de la structure traditionnelle (la taqbilt dans le cas des Ait Bougmez) toujours présente. Les agriculteurs utilisent dans ce cas, différentes instances de résolution des conflits : les instances traditionnelles, les institutions modernes locales (le caïd) et nationales. Les agriculteurs n'ont pas encore pris toute la dimension de la responsabilité future qui leur incombe dans ce contexte fort de désengagement financier de leur état. La nécessité en Espagne et en France, il y a plus d'un siècle, de constituer soit des juntas ou des ASA est née aussi du besoin de d'effectuer des travaux d'intérêt général d'aménagement hydraulique des réseaux. Cette création s'est beaucoup construite en prenant en référence, à l'époque, l'existant (Tribunal des eaux de la plaine de Valencia) et ce qui a permis aussi l'élaboration de lois sur l'eau (1866 et 1879 en Espagne), lesquelles respectent à la lettre le régime en vigueur au sein des communautés d'irrigants. De plus ces communautés d'irrigants comme celles de l'Acequi Real del Jucar en Espagne ou les ASA en France ont bénéficié pendant de nombreuses décennies de l'accompagnement de la puissance publique (subventions de l'Etat avec contrôle a priori de leur budget pour les ASA en France). La diffusion et même l'obligation de constitution d'associations d'irrigants telles qu'elles ont été promues ces dix dernières années, sous forme de modèle normatif valable pour toutes des situations dans le monde, ne prenant pas en compte les institutions paysannes existantes, ne semble pas aller dans le sens d'une réforme efficace, globale, intégrée et durable
Type de document :
Communication dans un congrès
Audrey Richard–Ferroudji, Patrick Caron, Jean-Yves Jamin, Thierry Ruf. PCSI - 4e Séminaire international et interdisciplinaire, 2006, Montpellier, France. Cirad, 8 p., 2006
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Contributeur : Jean-Yves Jamin <>
Soumis le : mercredi 13 juin 2007 - 16:57:54
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Marie-Jeanne Valony. Des communautés d'irrigants aux associations d'usagers de l'eau. Un modèle mondial face aux différentes configurations socio -territoriales. Audrey Richard–Ferroudji, Patrick Caron, Jean-Yves Jamin, Thierry Ruf. PCSI - 4e Séminaire international et interdisciplinaire, 2006, Montpellier, France. Cirad, 8 p., 2006. 〈cirad-00154466〉

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